Un pavé dans la mare. [Gaston ♥]

le Ven 22 Déc - 0:05

Celui à qui vient l'amour, le grand, l'amour qui possède et ravage, se doit de faire place nette à tout ce qui n'es pas ce cyclone, cette tyrannie.

36 heures après avoir été nommée professeur de littérature, Bérénice devait assurer sa première conférence. L'importance du surréalisme dans l'histoire de la littérature, ses origines, son déclin. Ils avaient au moins eu la décence de lui attribuer son sujet de prédilection. Parler du surréalisme est plus simple pour Bérénice que de parler de sa propre vie. Après tout, c'était presque toute sa vie. Elle y était allée sans préparation, un café à la main et le sourire aux lèvres. Le café était une nécessité après avoir dormi trois heures la nuit précédant la conférence. Elle avait achever sa troisième relecture de l'année de La Nuit des Temps de René Barjavel et avait passer le reste de la nuit a pleurer en PLS, Vicken dans ses bras.

La conférence s'était bien passée. Certains avaient écouter, d'autres s'y étaient intéressés, les derniers avaient dormis. Cela lui importait peu. Tant qu'il y aurait au moins une personne qui sortirait de l'auditoire heureux, elle continuerait. Elle avait été la première à passer, quatre autre personnes suivaient. Le temps pour Bérénice de faire une sieste au fond de la salle puisqu'elle était obligée de rester jusqu'à la fin du buffet organisé pour échanger des félicitations. Enfin, surtout pour finir ivre. Bérénice détestait ce genre d'événements. Elle se sentait dans son élément à parler sur une scène, mais elle ne méritait pas de félicitations pour. Surtout si elles n'étaient pas sincères, ce qui est le cas deux fois sur trois, minimum. Lors du buffet elle s'était donc tout naturellement glissée dans un coin de la salle, une coupe de champagne intouchée à la main. Elle laissait le bain de foule à ceux qui le cherchait, tentant vainement de disparaitre dans une fissure du mur. On vint tout de même l'importuner, ces vieux hommes aux ventres rebondis lui prenaient les mains, ils avaient presque tous les mains moites et elle en avait horreur, lui disant de leur petites voix suffisante à quel point sa conférence avait été éclairante, qu'elle avait radicalement changer leur façon de voir les choses et que quelque pars, André Breton serait fière d'elle. André Breton aurait probablement rit de moi, connard.

Bérénice était entrain de bailler à s'en décrocher la mâchoire quand elle vit un jeune homme s'avancer vers elle. Pas encore. Elle n'avait plus l'énergie d'entendre plus de faux compliments qui la forçaient à surmonter sa timidité pour murmurer un vague "Merci beaucoup". Celui là semblait différent pourtant. Déjà, c'était probablement le premier qui était venu la voir qui avait a peut près son âge. Il avait un léger sourire sur son visage, mais ses yeux trahissaient le même ennui que ceux de Bérénice. Il l'avait lui aussi félicité, mais feignait mieux la sincérité que les autres. Las, elle lui avait à peine répondu. Pour égayer la soirée, une araignée avait décidé de se glisser a leurs pieds. L'état de fatigue et de terreur avancé de Bérénice avait fait qu'elle avait sauter dans les bras de ce parfait inconnu après avoir lâché un cris à rendre sourd un malentendant. Se fondre dans le mur, c'était raté maintenant. Deux secondes plus tard elle s'était retrouvée sur ses pieds à nouveau, un sourire gêné sur ses lèvres. Elle avait alors pris tout son courage en main pour lui proposer d'aller boire un verre ensemble, ce qu'ils avaient fait. Et répéter. Bérénice s'était rapidement attachée au jeune homme. Il était venue toquer à la porte de son appartement à plusieurs reprises alors que la nuit était déjà tombée et ils avaient tout simplement discutés. Bérénice sentait bien qu'il avait de lourd secret sous sa carapace et ce visage joyeux n'était en parti qu'une façade, mais elle ne l'avait jamais questionné. Elle se contentait de lui caresser les cheveux comme on le ferait à un enfant après un cauchemar jusqu'à ce que sa respiration devienne lente et régulière.

Ce soir là, Bérénice était entrain de regarder Autant en Emporte le Vent pour la 364ème fois environ quand elle entendit le grattement à sa porte. Enroulant son plaid autour de ses épaules telle une cape, Bérénice ouvrit doucement la porte pour se retrouver face à Gaston, titubant, les larmes aux yeux. Il s'effondra dans ses bras en prononçant un prénom qui n'étais pas le sien, Anaïs. Etait-il juste trop ivre pour se souvenir de son prénom ou bien est-elle la grande inconnue, celle qui ronge son cœur petit à petit ? L'attirant à lui, Bérénice donna sans cérémonie un coup de pied à la porte de son appartement pour la fermer. Elle passa un long moment dans le couloir à juste le tenir dans ses bras, le soutenant de toute ses forces pour ne pas qu'il s'effondre. Désemparée, elle faisait glisser ses doigts dans ses cheveux, le long de son dos comme elle en avait l'habitude. Elle murmure doucement à son oreille "Ne t'inquiètes pas tout ira bien. Je suis là. Tout ira bien". Elle l’emmène ensuite doucement vers son canapé, le laissant s'accrocher à elle tel une bouée de secours. Elle l’assoit délicatement sur son canapé et se glisse en face de lui tout en glissant son plaid autour d'eux afin de créer un petit cocon. Enfin, elle lui murmure "Tu veux en parler Gaston ?"

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le Ven 22 Déc - 15:29

Il y a des jours comme ça où ça va. D’autres où on l’on a juste envie de mourir. Aujourd’hui n’était pas un jour particulièrement heureux pour Gaston, rien de bien particulier pour provoquer quoique ce soit, juste un coup de blues parmi tant d’autres mais celui-ci était piqué de beaucoup de mélancolie, de nostalgie, de tristesse et de remords. Ces mots riment souvent pour le blond avec alcool, drogue, mal-être, et pleurs. Un jour de congé où habituellement toute personne profitait pour se reposer, sortir, s’adonner à de belles et joyeuses activités, Gaston l’utilisait en s’étalant sur le sol, dans un environnement vague et aux pourtours mouvants et flous. De la morphine qu’il avait subtilisée à l’hôpital dans lequel il s’était réveillé avec une gueule de bois quatre jours auparavant se diffusait en ce moment même dans son organisme. Le contenu d’une vielle bouteille de gin retrouvée sous son sommier s’était vidé avant midi dans son estomac. Un léger filet de sang s’écoulant de son avant-bras pour s’imbiber dans les poils rugueux du tapis sur lequel le dos du français frottait, une lame de rasoir aux tâches vermeilles posée non loin. Le temps filait, lentement, chaque seconde semblait durer des heures. Chaque seconde durant lesquelles il se maudissait. Chaque seconde durant lesquelles il priait un dieu quelconque, suppliant de prendre sa vie pour rendre à Anaïs la sienne. Chaque seconde durant lesquelles des images cauchemardesques de la nuque brisée de sa feue bien-aimée s’animaient dans son esprit.

Le soleil se couche. Gaston est toujours là, étendu sur le sol à fixer le plafonnier dans lequel il voit son reflet. Il observe le triangle tatoué sur son torse, le même qu’Anaïs portait, fait le même jour par la même main. Les ruisselets salés qui s’écoulent de ses yeux s’assèchent, la crevasse pourpre sur son bras se referme doucement. Les contours de son studio sont droits, plus rien ne bouge, il se relève et sa tête tourne. Combattre le mal par le mal, voilà la meilleure solution qui s’offre à lui. Enfilant une simple chemisette qui trainait par terre et son large blouson sur le dos, il s’engage par la porte pour descendre les marches, direction l’épicerie la plus proche. Une bouteille de bière forte payée, deux autres volées cachées dans les poches de sa veste, il s’empresse d’en ouvrir une pour se désaltérer. Aussitôt entrée qu’elle ressort, Gaston se tient contre un mur en crachant toute la bile de son corps, se rinçant la bouche en se déversant la bouteille dans le gosier. L’avantage de boire une fois qu’on a quasiment décuvé, c’est que l’alcool remonte bien plus vite, notamment à jeun. Nonchalamment le blond traverse les rues de la ville, croise des gens qui s’écartent de son passage, il finit sa première bouteille, puis la seconde et enfin la troisième qu’il jette avec rage contre un mur une fois vidée. Ses pensées sont aussi troubles que ce qui l’entoure, tantôt les yeux embués de larmes, tantôt riant jaune à la pensée de certaines choses. Puis c’est le réveil, l’éclair de génie qui le ranime, il se doit d’aller voir sa dulcinée. Précipitant ses pas vers un immeuble dont il est habitué, il tape avec hasard le digicode avant de frapper à cette porte d’appartement derrière laquelle se cache celle qu’il attend. La désillusion.

En un murmure le prénom d’Anaïs glisse de ses lèvres, Gaston titube, Bérénice le rattrape. D’un habile coup de pied la porte se referme derrière eux, et ils restent debout dans le couloir, la brune tenant adroitement sous le poids du blond. Les fins doigts de la femme filent doucement dans les cheveux en bataille de l’ivrogne, poursuivant son échine tendrement. Des mots doux s’échappent, et ne trouveront pour seule réponse que des larmes s’écoulant après un léger sanglot le long des joues du garçon. Les pieds de ce dernier glissant sur le sol, il s’accroche aux épaules de la jeune femme quand elle le guide vers le canapé pour qu’il y trouve une place, enveloppé dans le plaid qui entoure chaleureusement le duo. Aux mots rassurants de la jeune femme, Gaston prend sa main dans la sienne et la serre, fermant les yeux. Le monde tangue autour de lui, il essaie de récupérer ses esprits. Ses cils s’ouvrent, laissant s’échapper une goutte d’eau salée qui vient s’exploser contre la douce main de son amie et il plonge son regard dans le sien. « Je l’ai tuée Bérénice. Tuée. »

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le Ven 22 Déc - 23:31

Je me suis demandé si les amours d'enfance mouraient toujours ainsi, lentement d'abord, dans un sanglot, avant de s'évanouir comme ça, d'un coup.


A chaque fois que Gaston était venu toquer à sa porte, il était dans un état d'ébriété plus ou moins avancé. Mais encore jamais elle ne l'avait vu ainsi. Il tenait à peine debout et la jeune femme se demandait par quel effort surhumain il avait réussi à traverser la ville pour venir jusque chez elle. Ses joues était maculée de larmes, ses yeux rougis par les larmes et la fatigue et l'alcool et dieu sait quoi encore. Elle l'avait garder dans ses bras aussi longtemps qu'il avait fallu pour que ses sanglots se calment et que ses jambes arrêtent de trembler. Il paraissait faible, plus faible que l'alcool vous fait normalement. Bérénice s'était demander comment on pouvait chercher cette sensation, de perdre le contrôle sur soi-même et sur tout, être passager de sa vie plutôt qu'acteur. Elle avait toujours voulu être maitre de sa vie et consciente de chacun de ses actes. C'est facile, de boire pour oublier. C'est facile de boire pour fuir. Mais c'est difficile de rester et d'assumer ses actes. Maintenant il se sentait peut être bien, et encore vu son état probablement pas, mais qu'en sera-t-il demain quand il se souviendra de tout, ou de rien ? Tout en le serrant fortement contre elle, Bérénice s'était promis d'être là pour lui demain matin aussi encore. Et tout les autres jours. Elle ne le connaissait presque pas, ils n'avaient jamais vraiment parler de leurs vies personnelles, d'ou ils venaient et comment ils avaient tous les deux, petits français atterris ici. Mais elle était déterminée à ne pas le quitter avant que sa vie soit en ordre. C'était la moindre des choses qu'elle pouvait faire, elle qui avait eu la vie la plus facile, la plus paisible. On l'avait toujours aimée, soutenue et choyée. Personne n'était mort dans d'horribles circonstances, ses parents s'aimaient et l'aimaient plus que tout. Elle serait éternellement reconnaissante pour toute la chance qu'elle a eu dans sa vie. Et elle ferait tout son possible pour que les autres soient aussi heureux qu'elle l'était.

Une fois qu'ils étaient chaudement installés, Gaston avait pris sa main avec une étonnante tendresse et l'avait serrée fortement. Comme pour avoir un point d'encrage au milieu du noir, un constant rappelle sur terre, invariable. Ses yeux s'étaient fermés et il semblait avoir pris trente ans l'espace d'un instant avant de ressembler à un jeune enfant de nouveau. Ses traits avaient à la fois quelque chose de paisible et de déchiré. Fixant leurs mains entrelacée, Bérénice remarqua que les mains de Gaston était constellée de sang séché. Cela l'inquiétait et la troublait plus qu'elle le laissa paraitre sur son visage mais elle décida de s'en occuper plus tard. Lorsqu'il a enfin la force de rouvrir ses yeux, une larme solitaire vient s'écraser sur la main à la jeune femme. elle la fixe longuement, absorbée par l'absurdité d'une si petite chose. Vous pouvez pleurer lorsque vous êtes triste, ou fatiguée ou totalement heureux. Ce seront toujours les mêmes larmes et pourtant elles auront une toute autre signification à chaque fois. Rapidement, comme lorsque vous arrachez un pansement d'un coup sec, il avait prononcé ces cinq mots « Je l’ai tuée Bérénice. Tuée. » Il n'y avait aucun doute, elle n'avait pas mal entendu. Il avait été très clair dans ses mots. Mais il devait surement y avoir un malentendu. Un terrible accident. Inévitable. Et Gaston se sentait responsable maintenant. Cela pouvait être la seule explication. Ou du moins, c'était la seule explication que Bérénice voulait admettre. Elle ne pouvait pas imaginer autre chose. Et pourtant au fond d'elle une petite voix ne pouvait s'empêcher de dire qu'un accident ne vous brisait pas un homme à ce point. Qu'un accident, aussi terrible soit-il, reste un accident. Un aléas de la vie. Cela ne vous prend pas l'envie de vivre.

Prenant le visage de Gaston entre ses mains, elle essuya doucement ses larmes, consciencieusement. Si elle avait pu prendre sa souffrance en une étreinte elle l'aurait fait. Malheureusement ce n'était pas en ses pouvoirs. Approchant son visage a quelque millimètres du sien, elle aurait pu l'embrasser si les circonstances étaient différentes, elle lui murmura doucement "Je ne sais pas ce que tu as fais, ou ce que tu n'as pas fait. Mais je sais que la culpabilité va te ronger de toute façon. Je ne sais pas depuis combien de temps tu traines ce fardeau, ce bagage. Mais il serait peut être bon, il serait peut être temps de t'en séparer, de le poser loin de toi quelques instants. Qu'importe tes actes, tu es toujours là. Et c'est le plus important." Elle avait du mal à trouver les bons mots, mais surtout horriblement peur de choisir les mauvais. Comment annoncer à quelqu'un que vous connaissez à peine, dont vous savez rien, que c'est pas aussi horrible s'il a tuer quelqu'un ? C'est impossible. Le visage entre ses mains était glaciale alors Bérénice avait fait la seule chose qu'elle savait faire, la seule chose qui ne le blesserait pas. Elle l'enlaça le plus fortement possible, resserrant le plaid autour d'eux. Une main glissant encore machinalement sur sa nuque et dans son dos elle lui dit calmement "Si tu veux en parler je t'écoutes. Si tu ne veux pas, c'est bien aussi. Je serais là dans tous les cas. Je ne bougerais pas."

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le Mer 17 Jan - 17:51

Les mains de Bérénice sont chaudes quand elles saisissent le visage de Gaston, mouvant habilement les deux pouces pour sécher les larmes qui s’écoulent des yeux du blond. Les deux visages sont très proches, sans un pareil contexte on aurait pu croire au principal plan d’une séquence de film romantique américain, où les deux amis finissent enfin par s’embrasser dans la plus grande des tendresses. Les mots de la brune sont justes, droits, et touchent en plein dans le mille. Ils visent concrètement ce que Gaston aurait dû faire depuis bien des mois déjà, ils visent une chose qu’il ne saura peut-être jamais faire, ou qui prendra cinq, dix, ou même trente ans avant de se réaliser. Avec l’accident, la volonté de Gaston avait été détruite. Que l’on parle de volonté de se débarrasser de toute culpabilité, de reconstruire une vie, ou même de volonté de vivre tout simplement, il n’en a plus aucune aujourd’hui. « Qu'importe tes actes, tu es toujours là. Et c'est le plus important. » Elle met justement le doigt sur le point primordial de la situation. Gaston est là, et il n’est pas six pieds sous terre aux côtés d’Anaïs, ou même à la place de cette dernière. Gaston est là, seul, alors qu’il devrait avoir sa bien-aimée avec lui. Les deux scénarii lui plaisent, seulement on lui a imposé un tout autre destin, vivre avec pour seule compagnie la lourde culpabilité de la mort d’Anaïs, qui lui pèse affreusement sur les épaules.

Le plaid les enroule, ils sont dans une bulle, une espèce de cocon dans lequel Gaston se sent en sécurité. Étrange pour deux quasi-inconnus. Les deux acolytes ne se connaissent pas vraiment, seulement en surface en fait, et n’ont pas forcément cherché à creuser plus loin. Des discussions autour d’un verre, de franches parties de rigolades, des rencontres parfois plus professionnelles qu’amicales, des visites à l’improviste pour décuver en sécurité. Et pourtant tout va bien entre eux. Mais pas de questions intimes, pas d’infiltrations dans la vie de l’autre, rien que le présent, le principal et rien d’autre. Chose qui est manifestement sur le point de changer radicalement. Le secret que Gaston garde enfoui dans sa carapace depuis maintenant plus de deux ans, échappé des lèvres du blond pour finir dans l’oreille de la brune.

« Je… Je ne sais pas… » Bérénice est sûrement une des personnes les plus pures qui existe sur cette planète, sans aucun doute. De ses simples mots elle vient de le dire, peu importe la raison de l’état de Gaston, peu importe s’il a envie de s’ouvrir ou non, elle sera là, toujours. La fine main de la femme dans la nuque du jeune homme le décide. Il se dégage de l’étreinte chaleureuse de Bérénice et pose le regard sur le sol. « Je suis ici que depuis deux ans et quelques. Avant j’étais en France, mais ça tu le savais déjà. Par contre je n’ai jamais dit pourquoi j’étais parti. J’étais en couple avec une fille, Anaïs. Elle avait mon âge, elle était belle comme tout, heureuse, et elle me rendait tout aussi heureux. On avait énormément de projets elle et moi, on allait finir nos études, adopter un animal, on aurait sûrement fini par se marier et avoir des enfants avant nos trente ans, c’est certain. On voulait aussi partir en voyage, en Nouvelle-Zélande. Puis avant les examens, ses parents nous avaient invités pour le week-end, histoire de changer d’air, mais j’étais à fond dans mes études, je ne voulais pas me foirer. Donc Anaïs a pris un covoiturage puisque j’ai refusé de l’y emmener par manque de temps… Et elle n’est jamais arrivée. Au lieu de prendre quelques heures sur mes études et ne rien foirer du tout, j’ai juste tué ma petite-amie et foutu en l’air la vie de beaucoup trop de personnes, moi y compris. » Ses pensées sont claires, ses paroles aussi. L’alcool est pourtant bien présent dans son organisme, mais la raison prend le dessus. La vérité est enfin dévoilée. Le regard cloué sur le parquet, Gaston ne pleure plus, il ne bouge plus, et ne parle plus. C’est à peine s’il respire et s’il est conscient de ce qu’il vient de faire.

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Hier à 20:50

Ce dilemme, perte ou salut, aucune fatalité ne le pose plus inexorablement que l'amour.


Si on lui avait prédit cette situation quand Bérénice avait sauté dans les bras du jeune homme, elle aurait rit. La bas, dans cette immense salle de réception, au milieu de la foule, tout allait bien. Ils avaient tous deux leurs masques de personnes de la société, le vendeur en librairie sympathique et la professeur de littérature passionnée. Puis ils avaient appris à se connaitre en se revoyant, à peine. Ils avaient un peu gratter à la surface, apprenant pour leur plus grand bonheur qu'ils étaient tous deux de France, qu'ils avaient "fuit" le pays pour une raison ou pour une autre. Parler de fuite est peut être un bien grand mot, mais c'était le cas. Bérénice avait fuit la France et sa routine, sa petite prison dorée, sa vie bien réglée et rythmée. Elle avait tout abandonné pour poser ses bagages de l'autre côté du monde, dans un pays et une ville qu'elle connaissait à peine à part pour ses paysages à vous couper le souffle. Gaston avait fuit pour des raisons qui lui étaient encore obscures, même si tout doucement les fils commençaient à se tisser. Peut être était-il un criminel ayant assassiné de sang-froid sa compagne, mondialement recherché par Interpol. Bientôt, on allait défoncer la porte d'entré de son appartement et l'arrêtée pour avoir caché un criminel. Enfin, c'était juste une déviance de son esprit qui avait probablement regarder de trop nombreuses séries criminelles pour se détendre de ses révisions dans le passé. Elle ne pensait pas sérieusement que Gaston pouvait être fautif de quoi que ce soit. C'était un accident, un malentendu, une horrible farce du destin. Ils n'avaient jamais cherchés à se connaitre, parlant souvent de tout et n'importe quoi, riant beaucoup et souvent. Dans ces moments, le jeune homme n'avait pas l'air de cacher un lourd secret. Il y avait parfois cette ombre qui passait sur son visage, qui figeait ses traits un instant, mais c'était juste ça, un instant. Parfois cette façade craquait et il se mettait à pleurer dans ses bras, mais là encore, elle ne le questionnait pas. Il y a parfois des blessures dans votre cœur que même le temps ne peux effacer. Que le temps peut à peine apaiser. Bérénice en savait quelque chose, même si elle parvenait à plutôt bien le cacher.

Gaston  avait brisé leur étreinte et son regard s'était porté quelque pars au loin, derrière la jeune femme. C'est comme s'il ne la voyait plus, comme s'il voyait un fantôme, celui de sa bien-aimée, derrière elle. Il n'avait pas hésité une seule fois. Il n'avait pas vacillé, il ne s'était pas arrêté. La vérité avait éclaté comme un pétard à nouvel an, arrachée comme un pansement sur le genoux d'un petit enfant, sauté comme le bouchon d'une bouteille de champagne lors d'une soirée d'anniversaire. Bérénice l'avait écouté, attentivement. Ce n'était pas ce qu'elle attendait, si l'on pouvait dire qu'elle attendait quelque chose. En tout cas, ses suppositions étaient justes. Gaston n'avait rien fait, n'aurait rien pu faire. Il ne l'avait pas tuée. Il n'aurait pas pu la sauver. Si ils avaient pris la route à deux, la même chose aurait pu arriver, et Gaston ne serait plus là pour en parler. C'était surement ce qu'il voulait. Il aurait voulu être avec elle. Il voudrait être mort plutôt que d'être séparé de l'amour de sa vie. C'était compréhensible. Humain. Mais ce n'était pas juste envers les autres. C'est la culpabilité du survivant. Bérénice s'empêche de toucher Gaston parce qu'elle sent qu'il a besoin d'être pour lui. Elle lui laisse la distance qu'il a établit entre eux, et lui dit d'une voix douce "Gaston, regarde moi." Elle attend un instant, indifférente s'il le fait ou non, elle sait qu'il l'écoutera. "Gaston, ce que tu vie, c'est la culpabilité du survivant. Tu le sais probablement déjà de toute façon. Tu n'aurais rien pu faire pour la sauver. Tu aurais pu l'y emmener. Tu aurais pu prendre quelques heures sur tes études pour ne plus avoir d'heures du tout. Et je sais que tu penses que ta place est la bas, avec elle, mais ce n'est pas vrai. Cela aurait foutu en l'air la vie d'encore plus de personnes. Je suis persuadée que si tu es encore là c'est parce que quelque pars, tu as un rôle à jouer sur le grand échiquier." Bérénice ne croyait pas à un Dieu tout puissant qui tirait les fils de la vie de tout le monde. Mais elle était persuadée que quelque part, tout es déjà écrit. Que la vie que nous pensons construire par nos choix est déjà toute tracée. Et si Gaston est toujours là aujourd'hui, c'est parce qu'il a encore un rôle à jouer.

Pourtant elle le comprenait tellement. Elle comprenait sa douleur et son envie d'en finir. Elle avait aussi privilégier ses études, une fois. Elle avait privilégier Paris et la littérature à Lowestoft et l'amour. Elle avait privilégier ses livres à la douce étreinte de bras aimés, au rire communicatif. Elle vivait encore quelque part la bas, dans ce pays loin et abandonné, mais pour Bérénice c'est comme si elle était morte. Elle l'avait perdue, abandonnée. Elle n'oserait plus jamais regarder ces yeux qui l'avaient ou jour couvée sans mourir de honte. Elle n'osait plus aimer de peur de s'oublier de nouveau. Quelques larmes virent s'écraser sur ses mains avant que Bérénice ne compris qu'elle était aussi entrain de pleurer. C'était ridicule, mais la situation de Gaston la touchait tellement, tout en lui rappelant ses propres démons qu'elle tenait bien en laisse d'habitude. Frottant frénétiquement ses yeux avec le dos de ses mains, Bérénice fixe Vicken qui regardait curieusement la scène depuis son arbre à chat en disant "J'ai fait la même erreur que toi, un jour. J'avais 18ans, je devais retourner à Paris pour mes études et elle devait rester en Angleterre pour sa famille. Je repoussait chaque occasion pour qu'on se voit parce que j’étais trop occupée, puis je l'ai perdue de vue. C'est comme si je l'avais tuée aussi. J'ai tué notre avenir en tout cas. Mais si nous sommes encore là, c'est parce que qu'il y a encore de l'espoir pour nous."

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